Date des faits
Lieu des faits
Paris (France)
Victime(s)
Manifestant (anonyme) (homme)
Conséquence(s)
Brûlure, Blessure
Moyens employés
Grenade explosive
Nadav Joffe, Basile Trouillet, Francesco Sebregondi Nadav Joffe Enquêteur en charge Basile Trouillet Montage Francesco Sebregondi Direction, Coordination

Le 17 octobre 2026, entre 550 000 personnes, selon le ministère de l’Intérieur, et 800 000, selon les organisateurs, ont manifesté dans toute la France contre la vie chère, la hausse des carburants et le projet de budget 2027, à l’appel d’un mouvement né sur les réseaux sociaux et rejoint par des syndicats, des organisations lycéennes et étudiantes et des Gilets jaunes.

Ce jour-là, vers 16 h 30, place de la République à Paris, une grenade explose au-dessus d’un groupe de manifestants, tout près de l’un d’eux. La scène a été filmée et la vidéo transmise sur le numéro de signalement que partagent Index, StreetPress et ViolencesPolicieres.fr.

À partir de cette vidéo croisée avec d’autres sources, Index a modélisé la scène en trois dimensions. L’explosion a lieu à environ 210 cm du sol, soit à environ 110 cm de la tête du manifestant. Les caractéristiques de l’explosion permettent d’établir qu’il s’agit d’une grenade assourdissante, dont le modèle précis reste à confirmer (ASSD, GL-304 ou EF-SON). La charge explosive de ce type de grenade produit un effet de souffle et un bruit de 180 dB à un mètre, assez pour faire éclater un tympan.

Après l’explosion, le blessé tombe au sol, face contre terre. Il est relevé par des personnes aux alentours, il titube, la partie droite de son visage apparaît brûlée et ensanglantée. Selon le street medic qui l’a soigné, il avait « des éclats de plastique ou de métal dans la tête ».

Images : Taranis News

Au même moment, à moins de 30 m du lieu de l’explosion, un autre blessé était pris en charge par des street medics devant la caserne Vérines, après avoir reçu des éclats dans le ventre à la suite de l’explosion d’une autre grenade à proximité.

Ces blessures ne sont pas des cas isolés. Sur la même place, vers 16 h 30, un photographe de 25 ans a eu l’artère fémorale sectionnée par un éclat de grenade, selon Mediapart. Sur le seul week-end des 17 et 18 octobre, le numéro partagé par Index, StreetPress et ViolencesPolicieres.fr a reçu plusieurs centaines de vidéos et de témoignages de violences policières, et l’IGPN a ouvert au moins six enquêtes, dont l’une pour une adolescente éborgnée à Mulhouse et une autre pour un adolescent qui a perdu une main à Saint-Étienne.

Appel à témoins

Index cherche à établir l’origine du lancer de cette grenade. Si vous avez été témoin de la scène ou avez filmé les environs au même moment, contactez-nous au +33 6 95 44 90 20 (Signal ou WhatsApp).

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