Blocus des lycées : près de 2 000 interpellations en une journée, un lycéen de 16 ans blessé à l’œil à Argenteuil
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Jeudi 1er octobre, le mouvement de blocus contre le manque de moyens a touché plus de 1 000 lycées, selon le ministère de l’Intérieur, et s’est étendu à une trentaine d’universités. Près de 2 000 personnes ont été interpellées en une seule journée. À Argenteuil, un lycéen de 16 ans a été grièvement blessé à l’œil par un tir de LBD, selon plusieurs sources.
Vidéo postée sur Instagram. Blocus lycéen à Orléans, jeudi 1er octobre 2026.
Jeudi 1er octobre, le ministère de l’Intérieur a compté plus de 1 000 lycées touchés par la mobilisation, dont 222 bloqués. Parti le 21 septembre d’un lycée de Créteil, le mouvement s’est aussi étendu à l’enseignement supérieur : selon l’Union étudiante, 29 universités étaient partiellement bloquées dans la matinée, dont des campus de Sorbonne Université, de l’université Gustave-Eiffel et de Paris-Nanterre.
Le même jour, 1 949 personnes ont été interpellées, essentiellement pour atteinte aux personnes dépositaires de l’autorité publique, violences et attroupements selon le ministère, soit environ trois fois plus que la veille. Lundi et mardi, plus de 600 interpellations avaient déjà été recensées, majoritairement de mineur·es ; pour jeudi, le ministère n’a pas précisé leur part. Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a évoqué 170 élèves blessé·es depuis lundi, sans distinguer les causes. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, décrit désormais une situation présentant « toutes les caractéristiques d’une situation de violences urbaines » ; des incendies ont visé plusieurs établissements, notamment à Bordeaux, à Montpellier et à Nantes.
Après plusieurs jours d’interventions des forces de l’ordre pour lever les blocages, les autorités ont fermé elles-mêmes environ 400 lycées vendredi 2 octobre, à titre préventif selon le ministère de l’Éducation nationale. Les cours y sont censés être assurés à distance, et les préfets ont interdit toute manifestation à leurs abords.
À Argenteuil (Val-d’Oise), jeudi en fin de matinée, un lycéen de 16 ans a été blessé à l’œil sur la Dalle, en marge d’une manifestation lycéenne. Il dit avoir été touché par un tir de LBD, ce que rapportent aussi ses proches ; pris en charge sur place, il a été transféré dans un hôpital parisien, selon ICI. D’après le parquet de Pontoise, cité par BFMTV, des tirs de mortiers d’artifice ont précédé la « riposte » de deux policiers équipés de LBD, et la description du blessé « semblait correspondre » à celle de l’une des deux personnes visées. Une enquête pour violences avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique a été confiée à l’IGPN. Certaines sources rapportent que la victime a perdu son œil. À ce stade, aucune source médicale ou officielle n’a confirmé la gravité de la blessure.
À Tours, la procureure de la République, Catherine Sorita-Minard, a indiqué mercredi soir, au vu des examens médico-légaux, que les lésions à l’œil du jeune homme blessé près du lycée Balzac étaient « compatibles avec l’impact d’une balle de défense de type LBD ». L’état de son œil n’a pas été rendu public.
À Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise), le lycéen de 14 ans atteint au visage lundi par un tir de grenade au lanceur Cougar présente, selon son avocate, Elsa Marcel, une double fracture de la mâchoire, toutes les dents du haut et une partie de celles du bas cassées ; hospitalisé, il doit subir une lourde opération. Le Défenseur des droits s’est saisi d’office.
Le ministre de l’Éducation nationale reçoit vendredi les organisations lycéennes, les syndicats de personnels et les associations de parents d’élèves. L’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante maintiennent leur appel à une manifestation nationale mardi 6 octobre.