Mort de Cheikh F. au Pontet : un homme tué par un policier municipal, une semaine après le vote de la loi Pauget
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Dans la nuit du 14 au 15 juillet 2026, Cheikh F., 29 ans, a été tué de deux tirs par un policier municipal du Pontet (Vaucluse), dans une situation décrite comme un « refus d’obtempérer ». Les premiers éléments de l’enquête — une victime touchée dans le dos alors que son véhicule était immobilisé — fragilisent la thèse de la légitime défense. L’affaire survient une semaine après l’adoption à l’Assemblée nationale de la proposition de loi Pauget sur la présomption d’usage légitime des armes par les forces de l’ordre.
La barrière de péage de Vedène (A7), à la sortie du Pontet (Vaucluse).
Dans la nuit du 14 au 15 juillet 2026, Cheikh F., 29 ans, est mort à la sortie du Pontet, dans l’agglomération d’Avignon (Vaucluse), touché par les tirs d’un policier municipal, Théo U., 28 ans, ancien gendarme. Selon la version des agents rapportée par la presse locale, les tirs sont intervenus au terme d’un contrôle auquel le conducteur ne se serait pas soumis, puis d’une course-poursuite d’une douzaine de kilomètres jusqu’aux abords d’un péage. À ce stade, le déroulé précis et les circonstances ne sont pas établis par l’enquête.
Le policier municipal a été mis en examen pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Selon les informations de Libération, plusieurs éléments de l’enquête contredisent la légitime défense d’abord invoquée : Cheikh F. aurait été atteint dans le dos alors que son véhicule était immobilisé. L’avocat de la famille, Arié Alimi, dénonce un « homicide volontaire » et un « tir mortel dans le dos ». Joris Hébrard, maire (Rassemblement national) du Pontet, a de son côté déclaré soutenir l’agent, estimant qu’il pouvait reprendre son service.
Selon Libération, une part importante des images susceptibles d’avoir enregistré la scène — caméras du péage, vidéosurveillance urbaine, caméras-piétons des agents — n’a, dans les premières heures de la procédure, fait l’objet d’aucune réquisition judiciaire ni été exploitée.
La mort de Cheikh F. est survenue une semaine après l’adoption, le 7 juillet 2026, en première lecture à l’Assemblée nationale, de la proposition de loi portée par le député Éric Pauget, qui instaure une présomption d’usage légitime des armes par les forces de l’ordre. Ce texte n’était pas en vigueur au moment des faits et excluait les polices municipales de son champ d’application. Ses opposant·es — dont la Défenseure des droits, la Ligue des droits de l’Homme et plusieurs magistrat·es — alertent néanmoins sur le climat qu’installe une telle réforme et sur le risque d’une désinhibition de l’usage des armes par les forces de l’ordre.